42 ans d’une vie à proximité d’une centrale à bitumes – Rencontre avec 3 habitants de la Gilarderie

Par Jacques G.

Tout d’abord dans le nouveau projet colas, aucune allusion de qui que ce soit n’est faite à la centrale actuelle et ses différentes nuisances, note le collectif, plus particulièrement aux odeurs et aux poussières.

Les odeurs et poussières sont récurrentes dès qu’il y a production. Du fait de sa situation, la centrale pollue sur elle-même. Elle est située vraiment à proximité de la centrale à béton exploitée par lafarge. Les deux étant dans la carrière des maraîchères, donc dans un trou, elles restent cachées du voisinage, aucune visibilité de la 4 voies de pornic. Sur 15 000 véhicules par jours y passant, très peu connaissent l’existence de tout ceci. Aucune visibilité de la croix jeannette, rue de la gagnerie.

Nous ne la voyons très bien que du promontoire de la ville au denis, autrement il faut passer le portail de la carrière que certains appellent encore carrière à graton et descendre jusqu’au niveau des 2 centrales.

La cheminée de faible diamètre, haute de 17 m ne dépasse réellement le niveau  environnant que de 5 m. Les flux de cheminée ne passent pas les couches basses de nuages et se plaquent au plus prés au sol. Pendant toutes ces dizaines d’années, peu de considération a été accordé aux plaintes des riverains envers l’exploitant et à leurs démarches avec les municipalités successives de Bouguenais.

Depuis 1993, 1ere lettre à la mairie : toujours les poussières, le débordement du bougon et toujours les odeurs d’enrobés 44

Les réunions, qui s’appellent maintenant comité de suivi, déclenchés principalement par les riverains de la gilardeie et du rolly font apparaître un laisser faire, pas de propositions ni d’obligation de la part de la mairie. Est ce à dire que la mairie accompagne plutôt l’exploitant que ses administrés ?

« c’est de l’enfumage » peut-on penser.

D’autres appellent cela « ateliers de concertation », c’est de la poudre aux yeux, de plus en plus espacés, voir supprimés au fil des ans.

Malgré les différents comptes rendus du service urbanisme, les remarques n’étaient pas ou peu prises en compte, les améliorations non réalisées.

Quelques avancées :

des filtres à charbon sont mis en place, mais n’étaient pas accessibles pour être nettoyés ;

des mouilleurs voient leur apparition afin de précipiter les poussières mais il apparaît des problèmes d’injecteurs ;

un merlon d’au moins 5 m de haut , descendant sur la rivière le bougon est réalisé pour atténuer la dispersion des poussières et peut être se cacher encore plus.

En 2013 et 2017, deux courriers à la préfecture font descendre la DRIRE* et ainsi des prélèvements sont effectués, un contrôle de la qualité de l’air sur le site est mis en place mais aussi chez les riverains les plus proches. Actuellement, les relevés se font pendant 10 jours à 1 mois tous les 3 mois. Qu’en est il de ces relevés ?

Les habitants sont étonnés de ne pas avoir eu plus de soutiens lors de leurs luttes, ils se sont mobilisés, réunis, très vite quelques-uns d’entre eux ont continué. Une pétition écrite n’a pas eu une grande portée auprès du rolly, de la rue de la gagnerie et de la ville au denis.

Ils se sont sentis isolés et  rappellent que personne n’a pris leurs défense.

 

Mais les désagréments ne s’arrêtent pas là

 

L’exploitation de la carrière avec les tirs de mine apporte son lot de vibrations, cela vibre dans toute la maison. Apparition de fissures au niveau des maisons et la aussi beaucoup de poussières visibles parfois du pont de cheviré.

JL nous parle de silice, produit ayant formé un ciment dans les gouttières.

Les enduits de certaines maisons ont été décolorés par ces rejets.

Même par beau temps, il est impossible de manger dehors.

Propos entendu début décembre : plus on se bat contre le nouveau projet et plus l’ancienne unité de fabrication (donc l’actuelle) durera

Aujourd’hui, Lafarge n’a pas renouvelé le bail a colas et il pourrait s’arrêter en 2021.

Les tirs de mine chaque mercredi, et parfois un autre jour de la semaine, sont arrêtés depuis 2 à 3 ans.

La concession de l’exploitation de la carrière des maraîchères : possible de s’ arrêter en 2025 ?

 

Combien de dizaines d’années faudra t il pour remblayer tout ou partie ?

La carrière des pontreaux a quelques kms  est toujours en cours de remblaiement depuis 2006

Autant d’ incertitudes aujourd’hui.

Les riverains ne veulent plus de cette centrale qui entre pourtant dans les normes et qu’ils ont subi depuis 42 ans quand même.

Après un certain agacement, il n’ya pas de malentendus possibles entre les habitants riverains et l’association STOP USINES BITUME.

Les temps ont changé, qui savait en 1980 que la centrale existait ? l’information n’était pas la même. Les moyens de se faire connaître non plus. Nous ne parlions pas de HAP, de COV, de métaux lourds classés cancérigènes par l’INRS.

 

Les odeurs de bitume présentes dès le lever du jour ne sont pas perçues comme telles. Beaucoup pensent encore aujourd’hui que c’est du kérosène…

Les odeurs ont été officiellement reconnues début 2019 dans l’ICPE 2521

Il n’empêche que si l’installation de l’unité de fabrication d’enrobage de bitume s’implante sur le site de l’iffstar, rebaptisé université gustave eiffel début 2020,   beaucoup pensent que cela figera définitivement cette zone en zone UEi (zone dédiée aux industries lourdes et à risques pour la santé et l’environnement)

*La direction régionale de l’Industrie, de la Recherche et de l’Environnement (DRIRE) était un service déconcentré du ministère français  maintenant c’est la DREAL, depuis 2009