STOP USINES BITUME

Pourquoi ?

Le site de l’Université Gustave Eiffel (ex-IFSTTAR) se situe route de Bouaye, proche de la zone de La Forêt.

Depuis 1973, l’IFSTTAR, organisme d’Etat, était classé par le PLU en zone Ug « Equipements ».
Mais le PLUM d’Avril 2019 a reclassé ce site en zone UEi :

« Le secteur UEi est exclusivement dédié aux activités industrielles, logistiques et de commerces et gros susceptibles de générer des risques ou des nuisances
L’hébergement hôtelier et touristique, les commerces de détail, les bureaux non rattachés à une activité implantée dans le même site d’activités, et les équipements ouverts au public y sont interdits pour cette raison. »

Depuis 40 ans ce site était figé tant dans l’espace que dans son activité sur ce territoire. Un rapport du conseil de l’immobilier de l’Etat du 12 octobre 2016 fait état d’installations vieillissantes, mal entretenues et d’un terrain immense inadapté aux besoins. Le partenariat avec l’Etat s’arrête en 2020.

Par la vente de cette parcelle à Nantes Métropole, l’Etat commence à se désengager de ce terrain.

Cette décision entraîne l’implantation rapide (permis de construire en cours d’instruction) d’une usine de production de bitume à chaud par l’entreprise COLAS.

Demain, l’Etat ne va t-il pas se désengager des autres terrains du site de l’Université Gustave Eiffel (ex-IFSTTAR) ?

Désormais classée en zone UEi pouvant accueillir des activités à risques et nuisances, cette zone est-elle une zone industrielle en devenir ?

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L’usine Lubrizol, à Rouen, a été ravagée par un important incendie le 26 septembre dernier. LP/ JEAN PIERRE MAUGER – Source Le Parisien

En effet, si cette usine s’implante, d’autres usines s’implanteront. 

Dans un petit coin de campagne, au pied de villages patrimoniaux, nous hériterons alors de la 10ème plus grande ZI de Nantes Métropole : 663 000 m2.

Si nous ajoutons la zone d’activité existante du Haut Palais nous sommes sur un peu moins de 1 000 000 m², soit la taille d’Airbus Nantes.

Nous avons pour la plupart appris, de manière bien souvent détournée, et en dépit d‘une campagne de communication maladroite, voir hasardeuse, de la société Colas, que cette entreprise projetait l’installation prochaine d’une centrale d’enrobage bitumineux dans ce petit coin de campagne.

Ce petit coin de nature, nous nous y sentons bien. C’est une terre d’élevage et de culture où la biodiversité est particulièrement remarquable avec la présence proche d’étangs, d’une forêt de 780 hectares, de faune et de flore encore protégées. D’ailleurs l’endroit projeté pour l’installation de cet outil de production ne s’appelle-t-il pas « Le Bel Endroit » ? Un petit coin de campagne situé à quelques minutes du Lac de Grandlieu, la plus grande réserve ornithologique de France après la Camargue, lac classé Zone Natura 2000, protégé par la loi Ramsar et la Loi Littoral…

L’usine, d’une capacité de production 230 Tonnes par heure, fabriquera, à sa mise en service, entre 100 000 et 140 000 Tonnes par an d’enrobé bitumineux à chaud.

L’activité industrielle va générer un trafic supplémentaire de véhicules de collaborateurs et de camions sur la route RD 751A (reliant Bouaye à la 4 voies vers Nantes).
A ce jour, aucun aménagement ne serait prévu pour faciliter les entrées et sorties des camions du site, 45 rotations minimum par jour entre 7h et 9 h du matin.
Dès lors, la circulation, déjà tendue sur cet axe et sur les voies annexes
, risque de se compliquer encore (nous assistons déjà au délestage d’une partie du trafic de la RD 751A au travers du village de la Ville au Denis).

Bien que le dossier technique ICPE, de par sa qualité, ses caractéristiques environnementales et le respect de la réglementation soit acceptable, la cheminée de 30 mètres de haut va rejeter des poussières, du monoxyde de carbone, de l’oxyde de soufre, des COV : Composés Organiques Volatiles et notamment des Formaldéhydes. Mais aussi des hydrocarbures qui vont être chauffés et qui vont dégager des HAP : Hydrocarbures Aromatiques Polycycliques de type Benzo[a]pyrène, Naphtalène,… produits classés « susceptibles de provoquer le Cancer » par l’INRS.

Bien qu’émises en quantités réglementaires :

  • Quel effet cumulatif de ces particules industrielles sur les sols, l’eau, la faune et la flore, la santé humaine à court, moyen et long terme ? Aucune étude n’existe sur l’effet additionnel dans la durée.
  • Quel « effet cocktail » de ces particules associées avec celles déjà abondantes dans cette zone marquée par la présence de l’aéroport :
    • trafic aérien générateur de pollutions (kérosène et autres particules classées également cancérigènes, HAP, métaux lourds…), trafic dont nous savons qu’il va s’intensifier
    • circulation automobile également génératrice de particules polluantes (gaz d’échappement), circulation qui va également s’intensifier avec les 45 rotations quotidiennes des camions de l’usine.
  • Quelles garanties face au risque d’accident industriel ?
    Cette usine est classée ICPE, c’est-à-dire « susceptible de créer des risques ou de provoquer des pollutions ou nuisances, notamment pour la sécurité et la santé des riverains. » DREAL Pays de la Loire.
    Avons-nous les moyens de nous prémunir et nous protéger ?
  • Quel effet cumulatif en cas d’implantation d’autres usines sur ce site classé UEi dans le PLUM ? C’est-à-dire un site dédié aux usines « susceptibles de générer des risques ou des nuisances» Définition UEi PLUM
     

QU’EN EST-IL DU PRINCIPE DE PRECAUTION ?

Ce projet n’est-il pas en incohérence avec les valeurs prônées par la commune de Bouguenais ? Ces valeurs s’affichent en caractères gras sur le site internet de la ville : « Protéger et valoriser le patrimoine naturel et la biodiversité à Bouguenais ». Elles s’affichent également au programme des communes de Bouaye et de Saint-Aignan de Grandlieu, communes riveraines de l’implantation.

Ces valeurs nous les partageons.

Collectif de l'association
Stop Usines Bitume
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Siège social :

STOP USINES BITUME

13 rue de la Bauche Bertin

44340 BOUGUENAIS

Adresse email :

[email protected]

L'association

L’association a été créé le 8 décembre 2019 sous la forme d’une association loi 1901.

Sa publication au Journal Officiel N°52 a eu lieu le samedi 28 décembre 2019.